Espace membre
 

Education et égalité des chances

Constat

Dans une économie de la connaissance et de la compétence, la formation constitue un enjeu majeur. Qu'il s'agisse de l'apprentissage des savoirs fondamentaux (lecture, écriture, mathématiques), de l'Université ou de la formation continue, un enseignement de qualité est essentiel pour donner aux Français les meilleures chances de trouver leur place dans un monde ouvert. Tout au long de la vie, ils doivent pouvoir accéder à un formation leur permettant de trouver un emploi et de s'épanouir. Or, le système scolaire actuel ne permet plus de répondre à cette attente légitime des Français.

Un quart des élèves de 6ème ne savent pas lire ou éprouvent de grandes difficultés à le faire. Ancrée dans sa tradition élististe et sélective, l'école ne parvient plus à s'adapter à la très grande diversité des élèves et de leurs talents, notamment dans les quartiers déshérités ou lorsqu'ils sont issus de l'immigration. L'enseignement techologique et professionnel a du mal à être reconnu à sa juste valeur et à être perçu comme une voie respectable qu'on peut choisir librement. Cette hypocrisie se retrouve dans l'enseignement supérieur où un système à deux vitesses distingue grandes écoles et universités; celle-ci n'assume pas la différence entre les diplômes majoritairement professionnalisants et les voies royales menant à la recherche. La formation continue est régulièrement dénoncée comme une gabegie de 23 milliards d'euros par an, surtout efficace à financer des officines syndicales.

 

Analyse

Pour résoudre les difficultés de notre système scolaire, il faut accepter de modifier l’organisation de l’Education nationale. Le système de l’administration géante qui impose le même fonctionnement, les mêmes programmes et les mêmes méthodes à toutes les écoles, sans qu’elles puissent s’adapter aux besoins et aux aptitudes de leurs élèves, n’est plus adapté à notre temps. En maintenant le principe de financement de l’enseignement par la cllectivité, nous proposons que la prestation d’enseignement soit assurée par des écoles indépendantes, librement créées et gérées, capables d’innover et de faire jouer l’émulation. Correctement conçu, ce système permettra d'offrir un accès à tous les enfants sans conditions de ressources, un enseignement adapté à chacun, qu'il s'agisse de voies générales ou d'enseignements techniques entre lesquels les ponts doivent être multipliés.

Derrière la prétendue gratuité de l'école en France, on oublie qu’un élève de collège coûte environ 8.000 euros aux contribuables tous les ans, l'un des budgets les plus élevés d'Europe. A ce prix, comment ne pas être surpris de l'état des infrastructures scolaires, du niveau d'équipement (beaucoup de craies mais seulement 1 ordinateur pour 10 élèves environ) et des classes surchargées : on serait en droit d'attendre une autre qualité de service. Cette pseudo-gratuité de l'enseignement cache surtout un budget principalement affecté aux innombrables personnels (professeurs certes, mais aussi personnels des rectorats, inspections académiques, centres de documentation, d'orientation, de formation...), tous bénéficiant d'une avancée de carrière programmée quels que soit leur implication et leur degré de performance. La gestion centralisée par académie arrive au bout de sa logique. Surtout, une étude de l'Institut Montaigne montre que l'Etat consacre 30 % de budget en moins pour un élève en ZEP que la moyenne nationale, du fait que les enseignants sont plus jeunes et sont moins bien rémunérés. Ce type de disparité n'est plus tolérable. 

Propositions

  • Une vraie autonomie scolaire : le chef d'établissement scolaire dispose d'un réel pouvoir exécutif. Responsable devant un conseil dont la composition peut varier (représentants des enseignants, des parents, de la mairie ou de la région, d'établissements partenaires, etc.), il a la responsabilité du budget, des embauches et de la direction des enseignants, de l'animation du projet pédagogique. Les enseignants apprennent à travailler en équipe, sous l'autorité du chef d'établissement et son équipe qui peut s'enrichir des professeurs principaux. Des partenariats entre écoles sont possibles.

  • Liberté de création de nouveaux établissements : le Parlement vote un cahier des charges que toutes les écoles doivent respecter. Il prévoit notamment des normes minimales de compétences et de diplômes pour les enseignants, l'obligation d'enseigner les règles civiques de base de notre pays et l'interdiction d'enseigner des principes qui leur soient contraires, pour éviter toute dérive sectaire ou communautariste. Chaque école candidate établit un projet d'école, qui respecte le cahier des charges mais qui peut prévoir des programmes plus riches, des exigences plus grandes, des activités supplémentaires.  Ce projet est soumis à l'agrément d'un organisme de contrôle qui détermine si le projet d'école est conforme au cahier des charges. Si le projet est déclaré conforme, l'école peut passer un contrat avec la puissance publique, qui lui attribue une dotation financière annuelle, proportionnelle au nombre et à l'âge des enfants inscrits. En contrepartie, les établissements dont les effectifs diminuent verront leur dotation diminuer en proportion.

  • Poussons l'autonomie de l’Université au bout de sa logique. Les Universités doivent disposer d’une totale autonomie afin de fixer elles-mêmes les conditions d’entrée (qui éviteront d’avoir un étudiant sur deux en situation d’échec), le montant des frais de scolarité et les partenariats qu’elles souhaitent établir avec des fondations ou des entreprises. En supprimant le monopole de collation des diplômes, rien ne doit plus s’opposer à la création d’Universités libres et diplômantes.

  • Refonte en profondeur de la formation continue. Les 23 milliards d’euros annuels qu’elle coûte aux entreprises finissent en bonne part dans la trésorerie des organismes de prélèvement, annexes syndicales opaques, et ne financent par toujours des formations dignes de ce nom comme le révèlent régulièrement les rapports sur la question. Indispensable pour aider les reconversions et la mobilité professionnelle, son financement et son organisation méritent d’être revues en profondeur.


A lire : Pour le pluralisme scolaire, par Philippe Némo

haut de page

  lettre 

Blogs

Gens du voyage et autres Roms

Publié le

Est-il encore possible de défendre une position modérée quand il s’agit des Roms et Gens du voyage ? Essayons car l’excès dans cette affaire qui aura occupé l’ét&ea...lire la suite


L'Etat a un vrai problème de train de vie, par Bruno Cavalier

Publié le

L'antagonisme entre la rigueur et la croissance  est un débat insoluble parce qu'il fait entrer en collision le court et le moyen terme. Si vous choisissez la croissance par la relance budgétaire, vou...lire la suite