Espace membre
 

Immigration et intégration

Constat

Tout discours simpliste sur la question de l’immigration empêche de répondre avec lucidité et pragmatisme à ses enjeux. Dans les pays dynamiques, l'immigration est perçue comme une chance. Aussi n'est-ce pas un hasard si la France connait un tel clivage sur cette question. Notre malaise provient de notre modèle social bloqué. 

Comme le dit Jacques Marseille, « alors qu’elle exporte des « cerveaux », la France attire en priorité des étrangers peu qualifiés qui viennent moins pour y travailler ou y faire de la recherche que pour bénéficier d’une législation sociale généreuse ou de critères d’obtention de diplômes moins exigeants. » Bien qu’attachés à la liberté fondamentale de circulation des personnes, le coût de notre modèle social nous interdit d’accueillir trop massivement l’immigration de la misère. Surtout si elle finit avec un taux d’emploi particulièrement faible, 93% des derniers arrivés non qualifiés n'ayant pas de contrat de travail.

Le discours actuel rejette les migrants "non qualifiés" pour leur faible "utilité économique", mais elle ne souhaite pas non plus voir des cadres, médecins ou ingénieurs s'installer chez nous et risquer de faire de la concurrence à nos "élites". Le football est l'exception qui confirme la règle. Dans son discours parfois hypocrite, la classe politique ne souhaite ouvrir les portes qu'à une immigration qualifiée mais "subalterne". Nous n'attirons pas non plus les cervaux dans nos universités et nos centres de recherche, sans doute par manque d'attrait.

Sans être aucunement bouc-émissaires de nos déboires mais plutôt victimes de notre Etat « providence », les difficultés rencontrées par les Français issus de l’immigration des dernières décennies posent plusieurs questions délicates. Ces « Français de 2eme ou 3eme génération » vivent des difficultés découlant directement de l’accueil que nous leur avons réservé hier. Isolés dans des cités HLM devenus de véritables ghettos, scolarisés dans des établissements inadaptés et coupés de la culture française, tout a mené à l’impasse actuelle. Dans nos ghettos, le tout-répressif a montré ses limites et le laxisme a mené à une catastrophe.

 

Analyse

Si la notion « d’immigration choisie » nous choque, nous admettons la nécessité d’une solution qui offre un avenir convenable aux nouveaux immigrants sans alourdir davantage leur coût social à la charge du pays. La proposition du rapport Attali va dans ce sens. La régularisation doit suivre l'obtention d'un emploi, comme l'intégration doit se faire à l'école et par le travail. Nous devons repenser nos schémas habituels dans ces domaines.

La reconstruction du tissu social et économique de nos quartiers déshérités à forte population immigrée  ne passe pas par la distribution massive d’aides faiblement utiles, mais par l'éducation, le travail et la réussite sociale. Elle exige dorénavant des changements profonds de notre système scolaire, de notre marché du travail et des conditions de création d’entreprise.

D’une pédagogie de sélection et d’exclusion, notre enseignement doit devenir un enseignement d’intégration et d’adaptation pour apporter un vrai bagage utile et adapté aux nouvelles générations issues de l’immigration. C'est tout à fait compatible avec l’existence de parcours de sélection destinés aux meilleurs. Ensuite, le marché de l'emploi doit jouer à nouveau son rôle de moteur d'intégration, et la création d'entreprise de promotion sociale.
Enfin, les populations immigrées constituent un atout lorsque leur pays d'origine connait un développement rapide. Non seulement le flux migratoire peut se réduire, voire sinverser, mais nous y trouvons alors des débouchés économiques intéressants. Le pari du développement est ici essentiel.

 

Propositions 

  • Refonte de notre modèle social : tant que les Français devront financer l'AME et les aides sociales aux nouveaux arrivants, nous devons encadrer et restreindre l'immigration.

  • Politique d'immigration : nous souhaitons qu'elle soit définie au niveau de l'Europe, et plutôt axée sur le talent, les compétences et l'autonomie financière.

  • Pas de plan banlieues sans réforme de l'enseignement : liberté de créer de nouveaux établissements à taille humaine, d'expérimenter des pédagogies adaptées au tissu local, instauration du chèque scolaire.

  • Simplifier la création d’entreprises, permettre la distribution de micro-crédit pour favoriser toutes les petites initiatives entrepreneuriales locales.

  • Abolition de la PAC pour aider le continent africain à développer son agriculture et à enclencher un cycle de croissance. Les aides de pays à pays ayant révélé leur nocivité, nous savons aussi que le protectionnisme occidental constitue aussi un frein important au développement.

haut de page

  lettre 

Blogs

Gens du voyage et autres Roms

Publié le

Est-il encore possible de défendre une position modérée quand il s’agit des Roms et Gens du voyage ? Essayons car l’excès dans cette affaire qui aura occupé l’ét&ea...lire la suite


L'Etat a un vrai problème de train de vie, par Bruno Cavalier

Publié le

L'antagonisme entre la rigueur et la croissance  est un débat insoluble parce qu'il fait entrer en collision le court et le moyen terme. Si vous choisissez la croissance par la relance budgétaire, vou...lire la suite