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Pouvoir d'achat et mondialisation

Constat

Le sentiment de baisse du pouvoir d'achat provient d'un effet ciseaux : faible progression des revenus des particuliers et augmentation du coût de la vie. La mondialisation a eu des effets très positifs sur le prix et la qualité d'une multitude de biens et de services dont nous sommes grands consommateurs. Aujourd'hui, elle est mise en accusation à tort avec la hausse du pétrole et du prix des matières premières.
En améliorant le niveau de vie de l'humanité dans son ensemble, elle a aussi modifié son mode de vie avec le recul de la pauvreté et entraîné des tensions sur les matières premières comme l'alimentation ou le pétrole, surtout lorsque le pétrole subventionné dope la demande d'énergie. Mais pour l'essentiel, la vie chère trouve son explication principale dans notre modèle économique national.

Les tensions pour se loger sont largement dues aux réglementations restrictives et à un marché du logement social grippé. Le prix des aliments a longtemps été maintenu artificiellement élevé par la Politique Agricole Commune. Les rentes de situation dont bénéficient corporations et monopoles entretiennent la vie chère. Enfin, la pression fiscale plafonne notre pouvoir d'achat  tous. 

Plus grave, notre politique économique bride la croissance et les revenus des Français. En freinant l'initiative et l'innovation, en pénalisant le succès économique par une fiscalité trop lourde, notre pays a mis l'ascenseur social et la distribution naturelle de richesse en panne. Les locomotives économiques quittent notre pays où les revenus stagnent dans l'ensemble.

 

Analyse

Ce sentiment d’érosion du pouvoir d’achat est accentué par la comparaison avec les pays voisins qui ne semblent pas le partager avec autant d'acuité. La France est seule responsable des prélèvements massifs qui mordent sur les budgets des particuliers et nuisent à la compétitivité des entreprises. En réaction, nos entreprises limitent les augmentations de salaire, réduisent leurs effectifs et délocalisent, quand elles ne sont pas conduites à la fermeture. Notre système d'enseignement, mal adapté aux besoins du monde du travail et aux attentes de nos enfants, n'est pas pour rien dans cette évolution qui accentue la pression sur les salaires des personnes les moins qualifiées.

La tentation d'augmenter le SMIC répond à cette préoccupation légitime pour les bas salaires, les plus affectés par les tensions sur les prix du logement et des biens de consommation courante. Mais elle a pour effet d'accroître le chômage des moins qualifiés en rendant le coût de leur travail supérieur à sa valeur économique pour l'entreprise. Ce chômage important et l'écrasement des bas salaires rattrappés par ce plancher ne mettent pas les salariés en position de force pour négocier des salaires plus élevés. Nous voulons sortir de cette spirale infernale et faciliter l'accès à un emploi pour tous. La croissance et le plein emploi sont les meilleurs moteurs du pouvoir d'achat.

Si nous ne maîtrisons pas l'évolution des cours de produits et de services déterminés par des marchés ouverts, nous avons plusieurs outils à notre disposition pour améliorer le pouvoir d'achat des Français : accroître les revenus en libérant la croissance et en diminuant les impôts et cotisations sociales, alléger les tensions du marché du logement en libérant ce secteur de ses contraintes actuelles, permettre une baisse des prix en libéralisant les marchés fermés des monopoles et des corporations. La vie chère n'est pas une fatalité, pas plus que les revenus trop bas.

Propositions

  • Viser le plein emploi : éviter l'augmentation arbitraire du salaire minimum par l'Etat, hélas tentante pour des raisons électoralistes, et privilégier la hausse négociée des salaires par le plein emploi. Cela passe par la simplification de la réglementation du travail. Une réforme ambitieuse de l'enseignement pourrait aussi améliorer la situation des moins qualifiés que le système tend à exclure aujourd'hui.

  • Instaurer le salaire complet : la fusion des charges patronales avec le salaire brut donnerait une image bien plus fiable du poids des charges sociales dans le salaire. Cette étape nous permettrait de repenser notre système d'assurances sociales qui pèse excessivement sur le coût du travail sans distinguer comme il se doit l'assurance de la solidarité.

  • Rendre leur pouvoir d'achat aux Français en baissant la pression fiscale, actuellement à 44 % du PIB contre 34 % en Allemagne. Pour ne plus amputer nos revenus d'autant, l'Etat et les collectivité locales doivent baisser leurs dépenses enm repensant leur domaine d'intervention et en apprenant à faire mieux avec moins. 

  • Favoriser le consommateur en laissant jouer la libre concurrence, y compris dans les secteurs livrés aux monopoles et corporations fermées. Des fameux quotas de taxis aux limitations des grandes surfaces, tout ce qui bride la concurrence renchérit les prix à la consommation.

  • Revoir la Politique Agricole Commune qui maintient le prix des denrées alimentaires à des niveaux élevés, ou à la politique du logement restrictive qui contribue pour bonne part aux difficultés actuelles pour se loger.

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